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	<title>Le Cercle Littéraire Informel de Montréal</title>
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	<description>Qui n'aime pas se faire conter de belles histoires ?</description>
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		<title>Le Cercle Littéraire Informel de Montréal</title>
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		<title>Ecrivaillon</title>
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		<pubDate>Mon, 03 Jan 2011 03:53:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>leclim</dc:creator>
				<category><![CDATA[Les histoires de Valérie]]></category>

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		<description><![CDATA[Écrivaillon! Écris voyons! J&#8217;ai envie!! J&#8217;ai envie!! J&#8217;ai tellement envie!! Vous ne pouvez pas savoir&#8230; non vous ne pouvez pas!! Je ne veux pas que vous sachiez! Ce sentiment de frustration, d&#8217;impuissance qui me ronge, je ne veux pas que vous l&#8217;expérimentiez. Il m&#8217;appartient. Si vous saviez, je serai comme vous ou vous seriez comme [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=leclim.wordpress.com&amp;blog=811430&amp;post=36&amp;subd=leclim&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Écrivaillon! Écris voyons!</p>
<p>J&#8217;ai envie!! J&#8217;ai envie!! J&#8217;ai tellement envie!! Vous ne pouvez pas savoir&#8230; non vous ne pouvez pas!! Je ne veux pas que vous sachiez! Ce sentiment de frustration, d&#8217;impuissance qui me ronge, je ne veux pas que vous l&#8217;expérimentiez. Il m&#8217;appartient.<br />
Si vous saviez, je serai comme vous ou vous seriez comme moi. Je ne serai plus moi, unique, inimitable, exceptionnelle&#8230;<br />
Je le sens elle revient! Une boule mouvante, qui grossit, emplit l&#8217;espace entre mes côtes et mon sternum. Elle pousse les parois, détend les chairs, comprime les vaisseaux, m&#8217;empêche bientôt de respirer, la tension est maintenant palpable de l&#8217;extérieur, la surface de ma peau devient dure; c&#8217;est comme si je me figeais de l&#8217;intérieur, on m&#8217;a coulé du béton en dedans&#8230;<br />
Parce qu&#8217;il faut que vous sachiez! J&#8217;ai fait une folie! J&#8217;ai dit oui&#8230; absurde hein!! Quelle idée! Depuis je me flagelle, je n&#8217;aurais pas du. Il était si simple de dire non, ou même de ne rien dire&#8230; Hé bien non, j&#8217;ai dit oui!<br />
Idiote!!<br />
Ils m&#8217;ont dit: &#8220;tu sais, nous écrivons et nous nous retrouvons de temps en temps pour partager nos écrits, joins toi à nous&#8230;&#8221;; c&#8217;était il y a 15 jours, peut être 20&#8230; peu importe&#8230; c&#8217;était une bêtise&#8230;<br />
Sur l&#8217;instant, je me suis dit: &#8220;Waouh! quel honneur! Je vais pouvoir lire mes textes à quelqu&#8217;un. Quelqu&#8217;un qui sait ce que çà coûte d&#8217;accoucher du moindre mot, de construire brique par brique l&#8217;édifice créatif, en choisissant un mot plutôt qu&#8217;un autre, qui sait que ce n&#8217;est jamais assez bon&#8230; ou peut être si mais on ne le sait jamais.&#8221;<br />
D&#8217;ailleurs, &#8220;bon&#8221;, c&#8217;est quand çà me plaît? Ou quand chaque être humain doué de lecture sur cette planète s&#8217;extasie sur ma création?</p>
<p>Revenons à ce jour&#8230; j&#8217;ai dit &#8220;oui&#8221;&#8230; et je pensais &#8220;non, surtout pas&#8221;. Enfin, l&#8217;espèce de monstre en moi criais NON! M&#8217;en fous, je suis pas tenue d&#8217;écouter tout ce qu&#8217;il dit&#8230; si?<br />
Bon enfin, comment je vais faire maintenant? Je ne suis même pas un gratte-papier dans la vie de tous les jours. Et je ne suis certes pas un écrivain, une écrivaine disent certains &#8211; je n&#8217;ai pas encore décidé quel terme j&#8217;aimerais employer &#8211; mais là encore je m&#8217;en fous, je ne le suis pas. Est ce vraiment utile de déterminer des mots pour des concepts que nous n&#8217;utilisons pas? On ne sait jamais&#8230; Tout au plus je suis un écrivaillon &#8211; ah non, je vous vois venir là, non, non, non et non, pas une écrivaillonne, çà fait trop souillonne, brouillonne, pas bonne&#8230; rien de tout cela n&#8217;existe? Tant mieux! &#8211; alors juste écrivaillon; et si je m&#8217;accroche peut être prochainement un vaillant écrivaillon.</p>
<p>J&#8217;ai très très envie! Mais vous savez ce que me dit mon monstre là? Il me dit d&#8217;un air mielleux, que je peux me mettre à ma table, avec mon crayon ou mon clavier, peu importe, même avec un dictaphone on peut écrire dit-on&#8230; Il me dit de me détendre, de jouer avec les mots, de les associer n&#8217;importe comment jusqu&#8217;à ce que la magie opère&#8230; mais c&#8217;est un piège! Cela ne fonctionne pas, jamais. On attend une soi disant inspiration, que le dictionnaire lui-même définit comme fugitive, inattendue, impromptue, spontanée, intuitive, soudaine, on dit qu&#8217;elle survient, on dit qu&#8217;on doit la suivre, que c&#8217;est elle qui décide&#8230; et c&#8217;est &#8220;elle&#8221; que nous attendons? Cette improbable apparition? Sa cousine physiologique est facile à maîtriser elle, à déclencher, à interrompre, j&#8217;inspire quand je veux moi. Mais là c&#8217;est tout autre chose. J&#8217;ai déjà essayé, je me suis assise, j&#8217;ai attendue, sans réfléchir, ou en laissant ma pensée vagabonder d&#8217;associations d&#8217;idées en associations d&#8217;idées, mais d&#8217;inspiration, point. Point!<br />
Mais elle existe allez vous me rétorquer. Et je ne vous contredirai pas. Mais c&#8217;est une emmerdeuse!! C&#8217;est tout ce qu&#8217;elle est. Elle survient justement quand elle veut, quand çà lui chante, de préférence quand je n&#8217;ai rien pour écrire, rien pour enregistrer et surtout pas de temps à lui consacrer. J&#8217;essaie de mémoriser le plus de mots clés possible pour reconstituer plus tard ce qu&#8217;elle a sournoisement déversé dans ma cour. Mais vous avez peut être deviné, impossible plus tard de terminer le puzzle, il ne ressemble à rien, juste un tas de mots sans liens entre eux. Je peux les agencer de différentes manières, cela ne veut rien dire ou n&#8217;a aucune élégance; et de toute façon il me manque toujours des morceaux. Tiens, çà y est, elle est repartie!! Ah qu&#8217;elle m&#8217;énerve à me narguer comme çà! Mais à quoi çà lui sert de me voir me débattre avec ma pauvre mémoire de poisson rouge? Tiens je l&#8217;entends rigoler là, elle se moque de mon impuissance.<br />
Je t&#8217;aurais!!<br />
Voilà mon premier problème: cette fameuse inspiration va et vient à sa guise et de toute façon ne vient pas bien souvent. Alors à quoi bon commencer un écrit si je sais qu&#8217;elle va me lâcher, en général au bout d&#8217;une demi-page pour ne plus jamais revenir. Vous n&#8217;imaginez pas combien de demies pages j&#8217;ai pu écrire à ce jour; sans compter les phrases uniques, toutes mal placées en haut ou en bas de page, parfois dans les marges, seules et parfaitement inutiles surtout. Quel gâchis!<br />
Mais j&#8217;ai une autre angoisse, il faut que je vous dise. Imaginons &#8211; on ne sait jamais &#8211; que je puisse la harponner &#8211; l&#8217;inspiration &#8211; que je l&#8217;enferme et que je la soumette, qu&#8217;elle soit à mon service pendant une durée suffisante à une création littéraire &#8211; plusieurs mois donc &#8211; j&#8217;ai très peur de ses conséquences&#8230;<br />
Imaginons donc qu&#8217;elle soit là, avec moi, disponible. Un matin, je me mets à mon bureau et j&#8217;écris, je crée, j&#8217;explore de nouveaux univers, je me transforme, j&#8217;incarne des personnages, je voyage. Je ne peux pas vous donner d&#8217;exemples là, vous devez imaginer parce que moi je n&#8217;ai pas d&#8217;inspiration au moment où je vous parle. Bon alors je suis ailleurs, je suis une autre, avec d&#8217;autres, je fais autre chose&#8230; Je suis sûre qu&#8217;un soir, je ne pourrais plus rentrer dans mon monde, de ce côté-ci du miroir. La porte sera fermée, le pont se sera effondré. Je serai prisonnière de ma fiction, de mes personnages, de mes monstres. Ou je reviendrai folle, qui sait? Et en admettant que je revienne, comment rester saine d&#8217;esprit en faisant tous les jours des aller-retours entre fiction et réalité, en mélangeant les genres, les époques, les gens, les mondes&#8230; vous n&#8217;êtes pas fous vous?</p>
<p>Bizarre, vous n&#8217;avez pas l&#8217;air&#8230;</p>
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		<title>Transformation Totale</title>
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		<pubDate>Mon, 16 Jul 2007 00:01:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>leclim</dc:creator>
				<category><![CDATA[Les histoires de Mathieu]]></category>

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		<description><![CDATA[8février J&#8217;ai décidé de noter dorénavant dans ce journal, des choses que je n&#8217;osais pas lui confier jusqu&#8217;ici. Bon, je continuerai demain&#8230; 14 février J&#8217;ai enfin appris à écrire. Ça prend du temps, puis ça me fatigue. 18 février Bon, il faudra bien que j&#8217;écrive quelque chose dans ce journal aprês tout. Alors je commence [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=leclim.wordpress.com&amp;blog=811430&amp;post=33&amp;subd=leclim&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="margin:0;" class="MsoNormal"><span><span style="font-family:'Bookman Old Style';">8février</span></span></p>
<p><span><span style="font-family:'Bookman Old Style';">J&#8217;ai décidé de noter dorénavant dans ce journal, des choses que je n&#8217;osais pas lui confier jusqu&#8217;ici. Bon, je continuerai demain&#8230;</span></span><span><span style="font-family:'Bookman Old Style';"> </span></span></p>
<p><span><span style="font-family:'Bookman Old Style';"></span></span><span><span style="font-family:'Bookman Old Style';">14 février</span></span></p>
<p><span><span style="font-family:'Bookman Old Style';"></span></span><span><span style="font-family:'Bookman Old Style';">J&#8217;ai enfin appris à écrire. Ça prend du temps, puis ça me fatigue. </span></span><span><span style="font-family:'Bookman Old Style';"> </span></span></p>
<p><span><span style="font-family:'Bookman Old Style';"></span></span><span><span style="font-family:'Bookman Old Style';">18 février</span></span></p>
<p><span><span style="font-family:'Bookman Old Style';"></span></span><span><span style="font-family:'Bookman Old Style';">Bon, il faudra bien que j&#8217;écrive quelque chose dans ce journal aprês tout. Alors je commence :</span></span><span><span style="font-family:'Bookman Old Style';"> </span></span><span><span style="font-family:'Bookman Old Style';">Cher Cambrioleur !</span></span><span><span style="font-family:'Bookman Old Style';"> </span></span><span><span style="font-family:'Bookman Old Style';">Vu que je n&#8217;ai aucune intention de faire lire ce journal à qui que ce soit, il n&#8217;y a que toi qui vas en faire la lecture, si seulement tu sais lire. Sache d&#8217;abord que je t&#8217;emmerde et que j&#8217;ai truffé toutes mes affaires personnelles de puces GPS, alors tu dois être répéré à l&#8217;heure qu&#8217;il est et c&#8217;est bien fait pour ta sale gueule ! </span></span><span><span style="font-family:'Bookman Old Style';">Bon. Je me présente. Je m&#8217;appelle Arthur et je suis le fruit de la toute nouvelle version de l&#8217;émission Transformation Totale, qui passe sur un canal débile dont je tairai le nom. Jusqu&#8217;à maintenant, ils se contentaient de transformer à l&#8217;aide du scalpel de chirurgiens du plastic, de vraies femmes bien en chair, en poupée dégonflées aux formes véctorielles. Comme avec les années les sacro-saintes cotes d&#8217;écoute baissaient le salaire du patron de la station, ils ont décidé de changer de concept et de pousser plus loin leur magie scientifique qu&#8217;ils mettaient en spectacle. Alors ils ont décidé de faire « l&#8217;exploit », soit de transformer des grenouilles en princes charmants. Et je suis le lauréat de la première saison, considérée en grande pompe comme une réussite. Enfin&#8230; Quand je regarde ma gueule dans la glace, j&#8217;avoue que pour une ex-grenouille c&#8217;est somme toute pas si mal&#8230; Par contre pour ce qui en est du prince charmant, je pense qu&#8217;il y de la place pour bien du progrês scientifique&#8230; Mais enfin&#8230; Quoi qu&#8217;il en soit, je suis maintenant humain, avec un cerveau greffé et tout ! C&#8217;est pas mal aprês tout&#8230; Je peux maintenant parler, écrire, et connaître tous les secrets de mon prédecesseur, de qui j&#8217;ai hérité la cervelle et tout ce qu&#8217;elle contient. Il parait que le cerveau ne se formate pas, et c&#8217;est tant mieux, parce que j&#8217;aurais l&#8217;air fin avec mon background de grenouille dans une si grande cervelle&#8230;</span></span><span><span style="font-family:'Bookman Old Style';"> </span></span><span><span style="font-family:'Bookman Old Style';"></span></span></p>
<p><span><span style="font-family:'Bookman Old Style';">1er mars</span></span><span><span style="font-family:'Bookman Old Style';"></span></span></p>
<p><span><span style="font-family:'Bookman Old Style';">Grande journée ! J&#8217;ai une copine ! Eh oui, une humaine, et tout ! Je l&#8217;ai invitée à souper chez moi et lui ai fait visiter mon appartement. Elle a particulièrement aimé le jacuzzi aux nénuphars, et ça a tout de suite cliqué entre nous. Je suis vraiment heureux ! Ce ne sont pas que les documentaires sur les batraciens ne m&#8217;excitent plus, mais une humaine c&#8217;est&#8230; comment dirais-je&#8230; plus intéressant. Surtout en ce qui a trait aux conversations. J&#8217;avoue que ce qui me manque, c&#8217;est la langue. J&#8217;aurais bien aimé avoir ma langue de grenouille, celle avec laquelle j&#8217;attrapais les mouches et tout. Ça aurait été génial pour rouler des pelles. Mais les chirurgiens ne voulaient pas, ils disaient que ce ne serait pas politically correct ou un truc du genre&#8230; Ma copine s&#8217;appelle Annette et elle est Française. Elle trouve que j&#8217;ai de belles cuisses et elle a tout le temps envie de me les croquer. Moi je n&#8217;aime pas trop, et mon psychologue me dit que c&#8217;est mon instinct de réptile provoque ça. À vrai dire, je m&#8217;en fous&#8230;</span></span><span><span style="font-family:'Bookman Old Style';"> </span></span></p>
<p><span><span style="font-family:'Bookman Old Style';"></span></span><span><span style="font-family:'Bookman Old Style';">10 mars</span></span></p>
<p><span><span style="font-family:'Bookman Old Style';"></span></span><span><span style="font-family:'Bookman Old Style';">Le printemps arrive, et je me sens tout drôle. Ça doit être le printemps.</span></span><span><span style="font-family:'Bookman Old Style';"> </span></span></p>
<p><span><span style="font-family:'Bookman Old Style';">Vendredi 13 mars</span></span></p>
<p><span><span style="font-family:'Bookman Old Style';"></span></span><span><span style="font-family:'Bookman Old Style';">J&#8217;ai raté l&#8217;avion pour Budapest, ma copine m&#8217;a mordu, je ne trouve plus mes clés, le Dow Jones a perdu quatre points, le facteur m&#8217;a confisqué mes lettres, il n&#8217;y a plus de whisky à la SAQ, on m&#8217;a servi des cuisses de grenouille par inadvertance et j&#8217;ai trouvé ça bon, et puis je pense que je n&#8217;ai plus d&#8217;encre dans ce putain de sty&#8230;</span></span><span><span style="font-family:'Bookman Old Style';"> </span></span></p>
<p><span><span style="font-family:'Bookman Old Style';"></span></span><span><span style="font-family:'Bookman Old Style';">20 mars</span></span></p>
<p><span><span style="font-family:'Bookman Old Style';"></span></span><span><span style="font-family:'Bookman Old Style';">Je saute sur place. J&#8217;ai plaqué ma copine et je lorgne les grenouilles au pet shop. Je passe mon temps dans le jacuzzi et je ne réponds plus au téléphone.</span></span><span><span style="font-family:'Bookman Old Style';"> </span></span></p>
<p><span><span style="font-family:'Bookman Old Style';"></span></span><span><span style="font-family:'Bookman Old Style';">22mars</span></span></p>
<p><span><span style="font-family:'Bookman Old Style';"></span></span><span><span style="font-family:'Bookman Old Style';">Je veux être une grenouille. Je veux être une grenouille. Je veux être une grenouille. Je veux être une grenouille. Je veux être une grenouille. Je veux être une grenouille.</span></span><span><span style="font-family:'Bookman Old Style';">Croâ !!!</span></span><span><span style="font-family:'Bookman Old Style';"> </span></span></p>
<p><span><span style="font-family:'Bookman Old Style';">28 mars</span></span></p>
<p><span><span style="font-family:'Bookman Old Style';"></span></span><span><span style="font-family:'Bookman Old Style';">J&#8217;ai passé plein d&#8217;entrevues à la télé et je n&#8217;ai répondu que Croa ! On dit que j&#8217;ai perdu ma langue ou un truc comme-ça. Quand j&#8217;ai enfin pu dire un mot, je leur ai dit que je voulais redevenir une grenouille et c&#8217;est tout. L&#8217;entrevue n&#8217;a pas été diffusée et ils on cessé d&#8217;être gentils avec moi. </span></span><span><span style="font-family:'Bookman Old Style';"> </span></span></p>
<p><span><span style="font-family:'Bookman Old Style';"></span></span><span><em><span style="font-family:Raavi;">1er avril</span></em></span></p>
<p><span><em><span style="font-family:Raavi;"></span></em></span><span><em><span style="font-family:Raavi;">J&#8217;ai tué toutes tes putain de puces à GPS en mettant tes saoloperies au micro-ondes avant de te les chourer. Tu peux toujours essayer de me<span>  </span>retracer, CRAPAUD ! !</span></em></span><span><em><span style="font-family:Raavi;"> </span></em></span></p>
<p><span><em><span style="font-family:Raavi;"></span></em></span><span><em><span style="font-family:Raavi;">Signé :</span></em></span><span><em><span style="font-family:Raavi;">Jojo le cambrioleur.</span></em></span><em><span style="font-family:Raavi;"></span></em></p>
<br /><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/categories/leclim.wordpress.com/33/" /> <img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/tags/leclim.wordpress.com/33/" /> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/leclim.wordpress.com/33/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/leclim.wordpress.com/33/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/leclim.wordpress.com/33/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/leclim.wordpress.com/33/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/leclim.wordpress.com/33/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/leclim.wordpress.com/33/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/leclim.wordpress.com/33/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/leclim.wordpress.com/33/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/leclim.wordpress.com/33/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/leclim.wordpress.com/33/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/leclim.wordpress.com/33/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/leclim.wordpress.com/33/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/leclim.wordpress.com/33/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/leclim.wordpress.com/33/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=leclim.wordpress.com&amp;blog=811430&amp;post=33&amp;subd=leclim&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>Regarde-moi</title>
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		<pubDate>Sun, 01 Apr 2007 01:47:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>leclim</dc:creator>
				<category><![CDATA[Les histoires de Patrice]]></category>

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		<description><![CDATA[C’était plus fort que moi. Il fallait que je rentre. Que je pousse la porte dans le plus grand silence (surtout, ne pas me faire remarquer), et que je m’introduise dans la salle de bain. Non, elle n&#8217;était pas vraiment surprise de me voir. Je savais qu&#8217;elle m&#8217;attendait. Il y avait de la crainte et [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=leclim.wordpress.com&amp;blog=811430&amp;post=32&amp;subd=leclim&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>C’était plus fort que moi. Il fallait que je rentre. Que je pousse la porte dans le plus grand silence (surtout, ne pas me faire remarquer), et que je m’introduise dans la salle de bain.</p>
<p>Non, elle n&#8217;était pas vraiment surprise de me voir. Je savais qu&#8217;elle m&#8217;attendait. Il y avait de la crainte et presque un léger tremblement sur son visage, bien sûr, mais pas de surprise.</p>
<p>Nous en avions mis du temps et de la patience. Pour comploter, sans jamais qu&#8217;un mot ne soit prononcé. Elle m’avait lancée son invitation sans même y faire allusion. Criminels, complices. Convocation secrète. Depuis des jours, nos corps parlaient, criaient même, leur désir, tranchant, vif et dangereux. Nos regards étaient des arcs bandés qu&#8217;on évitait de pointer vers l’autre. Le cœur était fragile.</p>
<p>Ce jour-là pourtant, la flèche avait atteint sa cible. Quand ses yeux se sont tournés vers moi, j’ai su; ou plutôt, mon corps a su. Plus fort que moi.</p>
<p>Il fallait maintenant que je pousse la porte, derrière laquelle je n’entendais que le léger clapotement de l’eau.<br />
Je me suis introduit dans la pièce et j’ai refermé aussi silencieusement que j’avais ouvert. Appuyé contre le mur, je protégeais mon secret. Son regard a continué à lancer ses flèches. Mais cette fois, mes yeux sont restés sans défense. Aveuglé, je ne voyais rien. Rien que ses seins. Pour la première fois. Ses yeux ont continué à lancer leurs flèches.<br />
Elle était nue et glorieuse sous mon regard, mais c&#8217;est moi qui étais sujet et soumis. En refusant de bouger et de faire quoi que ce soit qui eut pu dissimuler sa nudité, en continuant de me fixer, immobiles, elle me pétrifiait. De terreur et de bonheur. Son corps disait: regarde-moi.</p>
<p>La pièce était silencieuse, à l’exception du son d’un goutte à goutte intermittent sur la surface de l’eau ; et pourtant un vacarme grondait dans ma tête qui m’empêchait de bouger — et même de bien voir — tant il résonnait comme une succession de bombardements dans une ville désertée et dévastée; comme ma volonté.</p>
<p>Je ne sais plus combien de temps j&#8217;ai mis pour m&#8217;approcher de la baignoire. En m&#8217;asseyant sur le rebord, j’ai esquissé un bref sourire qui est disparu aussitôt. Elle a regardé en direction de la porte et j&#8217;ai senti, l&#8217;espace de quelques secondes, une peur se dessiner sur son visage; j&#8217;ai dit qu&#8217;il n&#8217;y avait personne à l’étage, que tout le monde était resté en bas. Nous étions seuls. Toujours seuls face au désir.</p>
<p>Maintenant mon regard s’autorisait à la détailler: de la tête aux pieds, je pouvais la voir. Il me fallait encore éviter ses yeux, qui m&#8217;aveuglaient toujours, mais pour le reste je pouvais enfin me rassasier de toute l&#8217;étendue de sa peau: de son cou, je descendais à ses épaules, rondes et sportives. Ses bras s&#8217;enfonçaient dans l&#8217;eau et ses mains allaient rejoindre ses hanches. De son cou, où mon regard s’était agrippé quelques secondes, je me suis laissé glisser comme sur une pente savonneuse entre ses seins, puis je suis descendu rapidement jusqu&#8217;au nombril et de là, je me suis perdu un peu dans les remous de l&#8217;eau qui faisait apparaître encore bien mystérieuse cette zone où tout convergeait : des cuisses, au ventre, aux hanches, aux mains, au sexe. Son sexe. Inondé. De joie.</p>
<p>À travers l&#8217;eau de la baignoire, c&#8217;était comme si elle dansait, immobile, pour moi. Dans ses légers remous, l&#8217;eau caressait mieux que je n&#8217;aurais pu le faire l&#8217;objet de mon désir. Ses poils étaient semblables à une mousse marine qui encadrait et soulignait la fente de son sexe. Sous l&#8217;eau, les lèvres semblaient gonflées de liqueurs marines. Je voyais tout, mais j&#8217;étais encore aveuglé par sa beauté qu&#8217;elle m&#8217;offrait dans le dépouillement obscène de sa nudité. Pour la première fois.</p>
<p>J&#8217;ai dit que moi aussi j&#8217;aimerais prendre mon bain. J’ai enlevé mes vêtements. Nu, je suis resté sur le bord de la baignoire pendant qu&#8217;elle fixait mon sexe, raide et pointu. C&#8217;était aussi la première fois que ma sœur me voyait nu. Nu et bandé.<br />
Cette nuit-là, quand je me suis glissé entre ses draps, nous avons mélangé caresse, promesse et ivresse avec une joie innocente, oubliant la faute et son catéchisme. Nous étions heureux. C’était plus fort que nous.</p>
<p>Patrice Dansereau<br />
9 octobre 1999 – 22 mars 2007</p>
<br /><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/categories/leclim.wordpress.com/32/" /> <img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/tags/leclim.wordpress.com/32/" /> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/leclim.wordpress.com/32/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/leclim.wordpress.com/32/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/leclim.wordpress.com/32/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/leclim.wordpress.com/32/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/leclim.wordpress.com/32/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/leclim.wordpress.com/32/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/leclim.wordpress.com/32/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/leclim.wordpress.com/32/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/leclim.wordpress.com/32/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/leclim.wordpress.com/32/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/leclim.wordpress.com/32/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/leclim.wordpress.com/32/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/leclim.wordpress.com/32/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/leclim.wordpress.com/32/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=leclim.wordpress.com&amp;blog=811430&amp;post=32&amp;subd=leclim&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>Friday Bloody Friday</title>
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		<pubDate>Mon, 19 Mar 2007 23:59:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>leclim</dc:creator>
				<category><![CDATA[Les histoires de Gilles]]></category>

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		<description><![CDATA[Quand Patrick ouvrit les yeux, il ne reconnut pas immédiatement où il était. Confus, il réalisa, suite à une brève inspection de ce qui l’entourait, qu’il était dans une chambre d’hôpital. Il lui était difficile de comprendre pourquoi il s’y réveillait dû à la forte médication. Ses idées, pêle-mêle, n’avaient aucun sens. En plus, une [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=leclim.wordpress.com&amp;blog=811430&amp;post=30&amp;subd=leclim&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Quand Patrick ouvrit les yeux, il ne reconnut pas immédiatement où il était. Confus, il réalisa, suite à une brève inspection de ce qui l’entourait, qu’il était dans une chambre d’hôpital. Il lui était difficile de comprendre pourquoi il s’y réveillait dû à la forte médication. Ses idées, pêle-mêle, n’avaient aucun sens. En plus, une douleur lancinante au bas-ventre l’agaçait. Une douleur interne qui remontait de chaque côté de ses abdominaux comme deux fils de fer qu’on chauffait à blanc à intervalles régulières.<span>  </span>Par bribes, il se souvint des dernières heures. </span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Du sang. Du sang partout… Sur ses mains. Par terre. Partout. </span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Puis il vit son visage. Celle avec qui il partageait sa vie depuis trois ans. Mélina.</span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Puis, il était étendu sur le plancher du salon… Les ambulanciers… </span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">D’une main, il souleva lentement les draps minces, bleu délavé, et de l’autre, sa jaquette. Il vit un pansement qui couvrait son entre-jambe qui consistait de gazes faisant le tour de son bassin. Il y avait quelque chose de grotesque dans la façon dont on l’avait pansé. On avait laissé sorti son pénis comme si c’était pour qu’il puisse respirer. <span> </span>La panique qu’il avait éprouvée quelques heures auparavant revint immédiatement, mêlée de frustration et de tristesse. Sa main déposa délicatement le drap et sa tête s’enfonça dans l’oreiller. Les yeux fixés au plafond, il gémît sans ouvrir la bouche et des larmes coulèrent de chaque côté de son visage.</span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"></span></span></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Ce vendredi-là, il était parti du restaurant où il travaillait comme barman vers 1hoo du matin pour rentrer directement chez lui. Aussitôt entré, il s’ouvrit une bière et regarda l’émission de lutte qu’il avait enregistrée. Quatre bières plus tard, il allait se coucher. Il se glissa doucement sous les couvertures pour ne pas réveiller sa copine qui avait un mal fou à se rendormir à chaque fois qu’il se couchait tard et elle le lui faisait savoir. Croyant ne pas l’avoir réveillée, il ferma les yeux mais les rouvrit aussitôt car Mélina s’était tournée vers lui. « Shit » pensa-t-il…</span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Bonne soirée? </span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">- Bah,<span>  </span>une chance qu’on avait trois réservations, un dix, un douze pis un vingt-cinq parce qu’on aurait été super-tranquille&#8230; On a rien eu d’autre…</span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span> </span></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Elle l’embrassa sur la bouche sans le prévenir. Il fut agréablement surpris car il était toujours celui qui faisait les premiers pas quand ils couchaient ensemble. Contrairement à ses habitudes, elle plongea toute suite sa main dans ses boxers et commença à le caresser vigoureusement. Enfin, pensa-t-il.</span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Coudonc, tu t’es ennuyée en maudit! </span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></span></span></p>
<p></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Elle recula un instant, le dévisagea<span>  </span>de ses grands yeux pers et se remit à l’embrasser de nouveau avec une vigueur presque violente.</span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">En très peu de temps, elle lui avait enlevé ses boxers et son t-shirt. Puis, elle se glissa hors du lit en allumant la lampe de chevet. Elle s’agenouilla en lui faisant signe de s’asseoir en face d’elle, ce qu’il fit. Elle eut une brève hésitation avant de s’incliner vers l’avant et de couvrir son gland gorgé de sang de ses lèvres pulpeuses. </span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Les deux mains à plat derrière lui sur le lit, la tête inclinée vers l’arrière, il eut comme un coup au cœur à la voir faire ces efforts pour le satisfaire, pour briser cette routine sexuelle qu’il haïssait. Il savait qu’elle détestait le sucer. Elle n’aimait pas le sentiment d’infériorité qu’elle éprouvait à chaque fois qu’elle performait cet acte. Elle détestait le goût et elle lui avait bien fait comprendre de ne JAMAIS éjaculer dans sa bouche. Il ne put s’empêcher de se sentir coupable de l’avoir trompée tant de fois. Bon, juste des baises ici et là qui ne voulaient rien dire mais son appétit sexuel, toujours inassouvis, le poussait à aller le combler ailleurs. Ce n’était pas de sa faute après tout si elle était presque frigide. Pis à part ça, c’était toujours les filles qui l’approchaient et qui lui faisaient des avances. Mais la voilà à genoux devant lui, faisant de son mieux pour ne pas perdre « son homme »… Ça le touchait. Profondément. Peut-être était-il temps de mettre fin à ses escapades… Peut-être deviendrait-elle plus ouverte à ses fantasmes… Peut-être ne pourrait-il pas, de toute façon, trouver mieux chez une autre femme…</span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">À ce moment, sans lever la tête, elle le poussa contre sa poitrine pour qu’il s’allonge complètement sur le lit. Elle avait ralentit le rythme comme pour faire durer le plaisir. Elle avait saisit son scutum dans sa main gauche, entre son pouce et son annulaire, et fit comme un nœud coulant en serrant jusqu’à ce qu’elle isole complètement le petit sac du reste du corps. Il laissa échapper une plainte de profond plaisir. Il était sur le point de jouir mais <span> </span>il sentit une douleur tranchante, si vive, qu’il hurla de toutes ses forces.</span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Instinctivement, il se replia sur lui-même, en position fœtal, les deux mains entre ses jambes, gémissant comme un perdu. Il y eu du sang partout instantanément. Mélina s’était redressée près du lit, debout, immobile, tenant dans une main un « box cutter » et dans l’autre son scrotum. </span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></span></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Elle avait toujours eu en elle, un germe de doute quant à sa fidélité mais faisait tout pour ne pas l’alimenter. Elle préférait éviter se poser les questions dont les réponses lui enlèverait l’homme avec qui elle planifiait fonder une famille. Elle avait en elle, un vide laissé par la perte trop tôt de son innocence.<span>  </span>Pour elle, il était normal qu’un homme « s’échappe » de temps à autre. Du moment qu’il revenait à la maison, elle le savait à elle. </span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Mais hier, son cousin, un petit génie de l’informatique, lui proposa, en farce, d’aller dans le compte Hotmail de Patrick « juste pour voir », suite à une discussion où elle lui avait confié que le sentiment d’être trompée ne la quittait pas et qu’elle souhaitait juste trouver un moyen d’avoir l’esprit tranquille. Il n’eut aucune difficulté pour accéder au compte de Patrick. Dans la boîte de réception, il n’y avait rien de suspect. Courriels d’amis de gars, d’autres relié à son travail, des « forwards »… Pas de brouillon non-plus. Rien dans les messages envoyés, Par contre, il avait créé plusieurs dossiers. Il y avait « Fun stuff », « École », « Travail » et<span>  </span>« Courriels Mixtes ». Pratiquement rassurée et n’ayant nullement l’intention d’ouvrir tous les dossiers et tous les courriels, elle n’ouvrit que « Courriels Mixtes » question de se rassurer complètement. C’est à ce moment que tout bascula. Elle lut, dans la longue liste de courriels, sous la rubrique « Objet », de courtes phrases qui l’assommèrent littéralement… « I need more… », « ‘miss your body so much… », « I want to fuck you again… ». Elle ouvrit « magic evening ». Une fille, apparemment une collègue de travail, le remerciait pour le souper et « the magic evening making love and trying new things ». Elle lui rappelait les « high lights » de la soirée en détails. Puis, Mélina ouvrit courriel après courriel découvrant à chaque fois, une nouvelle fille. Non seulement il l’avait trompée à maintes reprises, mais il gardait un « reminder », un souvenir, un trophée presque pour se remémorer les moments juteux. La cassure dans son esprit fut telle qu’elle resta devant l’écran une bonne heure, imaginant ce qu’il avait fait, construisant des scénarios dans sa tête et visualisant clairement chaque positions, chaque actions, qui elle, l’écœuraient. Puis, plus tard dans la soirée, elle cacha un « box cutter » sous le lit pour qu’il soit juste à sa portée quand viendrait le temps d’exécuter sa vengeance. </span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">(gémissant) T’ES FOLLE!!?!! …ARGH! …FUCKING BITCH!!!</span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></span></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Elle laissa tomber le « box cutter » pour prendre son cellulaire sur la table de chevet et le lui lancer.</span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span>      </span></span></span></p>
<p></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span></span>-<span>     </span>Tiens. Moi à ta place j’ferais l’911.</span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Hey! Vas-t’en pas ma tabarnac! R’donne-moi mes gosses!</span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></span></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Il lui fut difficile de composer 911. Le cellulaire lui glissait constamment des mains.</span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Hrgn! Câlisse.</span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Finalement.</span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span>     </span></span></span></span></p>
<p></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span></span>-<span>      </span>Urgence 911?</span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></span></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">- <span>     </span>VITE, J’AI BESOIN D’UNE AMBULANCE AU 3040 LAVAL!</span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">- <span>     </span>Oui, quelle est l’urgence monsieur?</span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span>     </span></span></span></p>
<p><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span></span>- <span>     </span>L’URGENCE??!?? MA CRISSE DE FOLLE DE BLONDE VIENT DE M’COUPER<span> </span>‘GOSSES!!!</span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span>    </span></span></span></span></p>
<p><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span> </span>-<span>      </span>Pardon?</span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></span></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">- <span>     </span>MA BLONDE VIENT DE M’COUPER ‘GOSSES PIS ‘EST PARTIE AVEC!</span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span> </span></span></span></p>
<p></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span></span>-<span>     </span><span> </span>Est-ce que votre copine est toujours dans la maison?</span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></span></p>
<p><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"></span></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">- <span>     </span>Oui. J’entends du bruit dans ‘cuisine. On dirait que quèqu’chose gronde ou « buzz », j’sais pas.</span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span>     </span></span></span></span></p>
<p><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span></span>-<span>     </span><span> </span>Est-ce qu’elle est armée?</span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span>   </span></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span>   </span><span>  </span></span></span></span></p>
<p><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span></span>-<span>     </span>Non, ben je ne pense pas. On n’a pas d’arme dans ‘maison.</span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span>    </span></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span>     </span></span></span></span></p>
<p><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span></span>-<span>     </span>D’accord. Savez ce qu’elle fait dans la cuisine monsieur? </span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></span></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">- <span>     </span>ARE YOU FUCKING KIDDING ME!!! J’ME CÂLISSE BEN DE C’QU’A FAIT! J’AI BESOIN D’</span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">LA POLICE PIS</span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> D’UNE AMBULANCE!!!</span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span>     </span>- <span>     </span>D’accord monsieur. L’adresse s’il vous plaît.</span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"></span></span></p>
<p></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"></span></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">- <span>     </span>3040 LAVAL!<span></span></span></span></p>
<p><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span></span></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">- <span>     </span>Ça ne sera pas très long monsieur.</span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></span></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Il essaya tant bien que mal de s’habiller. Son jean fut maculé de sang en quelques secondes seulement. En sortant de la chambre, il sentit tout tourner autour de lui. Le cœur lui levait. Tout en s’appuyant sur les murs du couloir, il voulut se rendre jusqu’à la cuisine mais il s’écroula de tout son long au salon. Il pouvait toutefois voir Mélina, souriante, assise à la table de la cuisine, un cocktail ressemblant à un bloody ceaser, à la main. </span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Cheers mon amour!</span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Tu vas m’le payer chère fucking bitch… ‘sont où?</span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">De quoi tu parles mon amour?</span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></span></span></p>
<p></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Elle prit une gorgée.</span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Aille fuck, niaise pus! J’m’excuse pour tout!!! Mais donne-les aux ambulanciers quand y vont arriver. J’t’en supplie&#8230;</span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Toujours avec le même sourire bizarre, elle prit une autre gorgée.</span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span> </span>J’vois vraiment pas de quoi tu parles mon amour…</span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></span></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Et c’est tout ce dont il se souvenait. </span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Les policiers étaient arrivés pas très longtemps après qu’il ait perdu connaissance. Ils avaient été contraints de défoncer la porte car Mélina avait ignoré leurs demandes répétées d’ouvrir. Suivis des ambulanciers, ils l’avaient mis en joue et lui avait demandé calmement de s’étendre par terre les mains derrière la tête mais elle n’avait pas bougé d’un pouce et continuait d’afficher un sourire de satisfaction. Un des ambulanciers l’interrogea à savoir si elle savait où se trouvaient les « parties de monsieur ». Elle leur pointa le « blender » sur le comptoir de la cuisine. Puis, avec une attention toute particulière elle leva son cocktail :</span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span>    </span></span></span></p>
<p></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">-<span>     </span>Cheers! </span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></span></p>
<p><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Gilles Caouette</span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></span></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"></span></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"></span></span></span></p>
<p></span></p>
<br /><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/categories/leclim.wordpress.com/30/" /> <img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/tags/leclim.wordpress.com/30/" /> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/leclim.wordpress.com/30/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/leclim.wordpress.com/30/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/leclim.wordpress.com/30/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/leclim.wordpress.com/30/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/leclim.wordpress.com/30/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/leclim.wordpress.com/30/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/leclim.wordpress.com/30/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/leclim.wordpress.com/30/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/leclim.wordpress.com/30/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/leclim.wordpress.com/30/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/leclim.wordpress.com/30/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/leclim.wordpress.com/30/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/leclim.wordpress.com/30/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/leclim.wordpress.com/30/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=leclim.wordpress.com&amp;blog=811430&amp;post=30&amp;subd=leclim&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>Le bal des cocus</title>
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		<pubDate>Sun, 18 Mar 2007 18:22:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>leclim</dc:creator>
				<category><![CDATA[Les histoires de Mathieu]]></category>

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		<description><![CDATA[Au rythme d&#8217;une musique que les bardes sur la scène crachent en cravate, des gens chic se déplacent de leurs pas, en faux couples ou en vrais. Les femmes portent des couleurs sobres, les hommes portent leur costard d&#8217;enterrement. Les Dupont dansent comme il faut, dans ce bal obligatoire pour notaires honorables. Dans les bras [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=leclim.wordpress.com&amp;blog=811430&amp;post=29&amp;subd=leclim&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Au rythme d&#8217;une musique que les bardes sur la scène crachent en cravate, des gens chic se déplacent de leurs pas, en faux couples ou en vrais. Les femmes portent des couleurs sobres, les hommes portent leur costard d&#8217;enterrement. Les Dupont dansent comme il faut, dans ce bal obligatoire pour notaires honorables. Dans les bras un peu froids et couverts de noirceur de Jean Jacques Dupont, Jeanine, son épouse, reste pensive. Sous les pas obligés de ce pauvre mari, elle regarde de côté, vers un homme qui la voit. </span></p>
<p><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Celui-ci la connaît. Ils se voient le dimanche, quand Jean Jacques va jouer au tennis pour ne se douter de rien. </span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Jeanine, elle, en dansant avec lui, se remémore les instants de magie que son jeune amant lui procure. Leurs regards sont discrets; le secret est total. Ils savent qu&#8217;ils ne peuvent danser ensemble, car leurs bras les trahiraient. Et leurs pas, harmonieux cette fois-ci, en diraient bien trop long sur eux deux. Un baiser lui échappe. La froideur de Jean Jacques laisse passer, sans le voir, un baiser bien soufflé, que son souffle portera, jusqu&#8217;aux airs du jeune homme. </span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Il le sait. Et le voit. Son regard; tendre, ému, le lui rend de sa force. Et ils tournent en toupie, qui en fin de sa course, ne s&#8217;arrête pas, dans ce bal aux hommes noirs, en cravate et tout ça, au rythme lent et avare, ce ces bardes endormis, qui travaillent très très tard pour la joie de l&#8217;autrui. </span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">La salle est bondée et si vide en même temps. Les sourires y sont rares. </span></span></p>
<p><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">L&#8217;amour souvent illicite. La fortune soude les âmes. Les amours, s&#8217;échappent ça et là. Sous la musique morose pour tous ceux qui n&#8217;aiment pas ou trop peu, les murs écoutent: les paroles usuelles dites tout haut, les murmures de l&#8217;amour qu&#8217;on se souffle comme on peut. </span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></span></p>
<p><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">L&#8217;alcool égaye les âmes, qui sourient comme elles peuvent. Et qu&#8217;un mal de tête rattrape les corps le lendemain, redevenu réel soudain. Le dimanche, on va à l&#8217;église, pour doucher notre âme crasse. Mais aujourd&#8217;hui on danse. On regarde, et ça passe. </span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Les rêves sont bien loin dans cette salle. Les gens qui s&#8217;y trouvent, ont tous réussi, comme on dit. Ils achètent les regrets, pour les mettre en jachère. Et ils tournent, sans savoir quoi se dire en parlant. Ils sont tristes. Ils sont tristes, souriants. </span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></span></span></p>
<p><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Le plafond ne dit rien. Il n&#8217;a pas ce défaut. Il abrite simplement la fumée du parfum, et de chic, valsant l&#8217;air qui s&#8217;y trouve. Et l&#8217;air abrite les paroles. L&#8217;air, c&#8217;est ce qu&#8217;on a de mieux, me dit-on. On a l&#8217;air d&#8217;avoir l&#8217;air, on a l&#8217;air de respirer. De respirer l&#8217;air des autres, que poumons daignent cracher. L&#8217;air du cigare que l&#8217;on brûle, de fortune ou de peine. L&#8217;air de ceux, qui s&#8217;ennuient, sans danser, pour la peine. </span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></span></span></p>
<p><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Les paroles sont futiles, les paroles ne disent rien. Tout se parle, rien ne se dit. C&#8217;est comme ça dans ce coin. Dans ce coin de notaires que je vois de la scène, où je joue et m&#8217;ennuie, tout comme eux. Eux qui dansent comme des toupies. Qui refusent de s&#8217;arrêter. Et que j&#8217;anime de mon bruit.<br />
<span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><br />
Mathieu Manikowski</span></span></span></span></span></p>
<br /><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/categories/leclim.wordpress.com/29/" /> <img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/tags/leclim.wordpress.com/29/" /> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/leclim.wordpress.com/29/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/leclim.wordpress.com/29/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/leclim.wordpress.com/29/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/leclim.wordpress.com/29/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/leclim.wordpress.com/29/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/leclim.wordpress.com/29/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/leclim.wordpress.com/29/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/leclim.wordpress.com/29/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/leclim.wordpress.com/29/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/leclim.wordpress.com/29/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/leclim.wordpress.com/29/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/leclim.wordpress.com/29/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/leclim.wordpress.com/29/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/leclim.wordpress.com/29/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=leclim.wordpress.com&amp;blog=811430&amp;post=29&amp;subd=leclim&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>27 mars 1996</title>
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		<pubDate>Thu, 01 Mar 2007 02:50:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>leclim</dc:creator>
				<category><![CDATA[Les histoires de Gilles]]></category>

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		<description><![CDATA[27 mars 1996, Patan (vallée du Katmandou), Népal.  13h26, Temple Pashupatinath.  Le temple hindou est bâti sur les rives d’un affluent du Gange dont j’ignore le nom. Le niveau de l’eau est très bas. On peut voir tout ce qu’on y jette : urnes cassées, vielles bicyclettes, chaises brisées, etc. L’eau est vert foncé, presque noire. [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=leclim.wordpress.com&amp;blog=811430&amp;post=27&amp;subd=leclim&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">27 mars 1996, Patan (vallée du Katmandou), Népal. </span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">13h26, Temple Pashupatinath.</span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Le temple hindou est bâti sur les rives d’un affluent du Gange dont j’ignore le nom. Le niveau de l’eau est très bas. On peut voir tout ce qu’on y jette : urnes cassées, vielles bicyclettes, chaises brisées, etc. L’eau est vert foncé, presque noire. Ça sent les égouts. Je suis perché, de même que de nombreux touristes, sur un balcon en granite muni d’une balustrade peinte en rouge, également en granite. On y surplombe les berges qui ont été aménagées pour y tenir des funérailles. </span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Un trottoir, toujours en granite, d’une largeur de cinq mètres sépare le balcon où je me tiens de la rivière. En face de moi, plus bas, des marches descendent jusqu’au lit de la rivière. À chaque quinze mètres, le trottoir s’élargit pour former une plateforme d’environ huit mètres par huit mètres. Sur une de ces plateformes, on y a entrecroisé des billes de bois pour former un bûcher. </span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Il y a<span>  </span>des singes partout. Sur les toits des bâtisses environnantes, sur les berges et aussi perchés sur la balustrade. Certains sont assis tranquilles, observant les touristes. D’autres se battent pour les quelques graines ou morceaux de fruits qu’ils trouvent. </span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">En bas, je vois arriver un groupe d’une douzaine de personnes.<span>  </span>Un homme porte un petit paquet qui ressemble étrangement à une momie. Toute blanche, toute menue, immobile, sans vie. L’homme dépose tendrement le petit corps sur le tas de bois. On entend les clics réguliers des appareils photo des touristes. Les pleurs de la famille me troublent. Des pleurs étouffés, retenus, déchirants. Je reste figé sur place. Par moment, les cris perçants des singes me sortent de cette torpeur bizarre.</span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Le même homme qui transportait le corps, le père sans doute, allume une feuille de papier qu’il a roulée. Il fait le tour du bûcher en allumant chaque coin. S’entremêlant toujours : le bruit des appareils photos, les pleurs de la famille et les cris des singes qui se battent. Le feu prend de la vigueur et l’homme place sur le petit corps de la paille qu’il a trempée dans cette eau corrompue. Une fumée grasse, grise et nauséabonde se répand dans l’air. </span></span></p>
<p></span></p>
<p style="margin:0;" class="MsoNormal"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"></span></p>
<p><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Maintenant, ce sont des odeurs fortes qui se disputent l’espace. L’odeur de paille brûlée, celle de cette eau putride et celle des excréments de singes. Puis, soudain, je sens distinctement monter une odeur d’encens. Peut-être quelqu’un a-t-il allumé quelques uns de ces bâtonnets parfumés pour masquer l’odeur de cheveux et de chair brûlés qui s’impose de plus en plus. </span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">J’ai les mains moites. Je sens la sueur perler sur mes tempes. Je la sens aussi couler le long de ma colonne vertébrale. Pourtant, lorsque j’ai quitté mon hôtel vers midi, il ne faisait<span>  </span>pas si chaud. J’ai la bouche pâteuse comme si elle s’était remplie de fumée et de suie. Remplie de minuscules particules de ce petit corps que les flammes consument devant moi. Je sors ma gourde de mon sac et bois de l’eau pour chasser cette sensation écœurante, mais rien n’y fait. Ma bouche demeure toujours aussi pâteuse et sèche. </span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Et c’est là que je les vois : les petits pieds du petits corps. Le drap qui les enveloppait a brûlé. Plus rien ne les recouvre. De petits pieds à la peau brune. De petits pieds innocents. De petits pieds qui n’ont pas foulé notre terre assez longtemps.</span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Gilles Caouette</span></span></p>
<p></span></p>
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		<title>Il est là</title>
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		<pubDate>Thu, 01 Mar 2007 02:45:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>leclim</dc:creator>
				<category><![CDATA[Les histoires de Martine]]></category>

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		<description><![CDATA[Il est là, entre mes bras, le soir quand je m’endors et à l’aube, quand la lumière m’oblige à ouvrir les yeux. Je ne sais quand il a pris cette place, tout contre moi. Je ne m’en souviens pas. Il a remplacé tous les princes charmants, qui ne sont jamais aussi charmants que lorsqu’on les [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=leclim.wordpress.com&amp;blog=811430&amp;post=26&amp;subd=leclim&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="margin:0;" class="MsoNormal"><span><font face="Times">Il est là, entre mes bras, le soir quand je m’endors et à l’aube, quand la lumière m’oblige à ouvrir les yeux.</font></span></p>
<p><span><font face="Times">Je ne sais quand il a pris cette place, tout contre moi. Je ne m’en souviens pas.</font></span></p>
<p><span><font face="Times">Il a remplacé tous les princes charmants, qui ne sont jamais aussi charmants que lorsqu’on les imagine.</font></span></p>
<p><span><font face="Times">Il s’est substitué à l’absence de câlins de l’enfance.</font></span></p>
<p><span><font face="Times">Il ne parle pas, ne bouge pas, ne rêve pas, ne ronfle pas.</font></span></p>
<p><span><font face="Times">Il reste douillettement blotti contre moi. Je l’ai frappé parfois, quand je n’en pouvais plus de la rage et du dépit intérieur qui m’ont parfois habités.</font></span></p>
<p><span><font face="Times">Je l’ai inondé de larmes, de cette eau salée qui jaillit des flétrissures du chagrin, pluie stérile dont ne repousse nulle fleurs. Qui finit quand même par tarir et laisser place au germe entêté de l’espoir.</font></span></p>
<p><span><font face="Times">Bien sûr,il se pourrait bien qu’il soit la manifestation d’un infantilisme attardé et peut-être devrais-je ressentir quelque gêne obscure à avouer ce rituel possiblement névrotique.</font></span></p>
<p><span><font face="Times">Ne nous apprend-on pas qu’il faut toujours être des surhommes et se montrer vainqueurs, acharnés toujours de conquêtes, valorisés par nos acquis et nos diplômes,<span>  </span>souverains maîtres de nos émotions.</font></span></p>
<p><span><font face="Times">Hé bien, je suis définitivement passée à côté de la cible.</font></span></p>
<p><span><font face="Times">Si totalement d’ailleurs que cela me semble assez irrémédiable pour être capable d’énoncer clairement ce navrant constat à mon sujet, je dors avec un vieil oreiller dans mon lit. Je le serre contre moi pour trouver le sommeil. Ce n’est qu’enlacée à sa douceur docile que mes pensées trouvent le chemin de l’oubli.</font></span></p>
<p><span><font face="Times">Toutes mes tentatives pour échapper à mon statut récurrent de marginale inadaptée m’ont amenée à ceci. La pleine et entière conviction que je m’étais, quelque part, fourvoyée, dans ce monde inexorablement voué aux conquérants de l’efficacité.</font></span></p>
<p><span><font face="Times">Je suis du superflu, je suis l’écume de l’écume des grandes vagues des temps modernes. Mon cerveau s’est gavé d’illusions et de rêves, parfois momentanément apaisés, jamais tout à fait assouvis.</font></span></p>
<p><span><font face="Times">Et ce qu’il me reste d’une quête qui fût beaucoup plus aveugle et tâtonnante que souveraine et décidément conquérante, est la capacité de ressentir, comme une enfant solitaire, la quiète douceur, quand vient le soir, d’une présence tiède et anonyme dans mon lit. Présence qui a échappé à tous les revers, aux ternissures, aux déceptions, aux désillusions des lendemains amoureux. </font></span></p>
<p><span><font face="Times">Au creux de mon épaule, chaque soir, il est là, indéfectiblement.</font></span></p>
<p><span><font face="Times">Mes coups ne l’ont pas meurtri, mes larmes n’ont pas fait pousser la moindre herbe folle. Aucune de mes insomnies ne l’a repoussé loin de moi. </font></span></p>
<p><span><font face="Times">Il est tous les bras, tous les visages, tous les corps du passé, qui accompagnent et jalonnent mon chemin vers les rêves, mon transport vers l’absence, mon passeport pour l’oubli.</font></span></p>
<p style="margin:0;" class="MsoNormal"><span></span></p>
<p style="margin:0;" class="MsoNormal"><span><font face="Times">Martine Strub</font></span></p>
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		<title>Le printemps de Mylène</title>
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		<pubDate>Mon, 26 Feb 2007 22:55:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>leclim</dc:creator>
				<category><![CDATA[Les histoires de Danièle]]></category>

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		<description><![CDATA[Mylène, c&#8217;est ma sœur. Quatre ans de plus que moi, ça lui donne douze ans. Trois ans de moins que Daniel Bergeron, le quatrième voisin, grand ami des frères Dionne, deux épais de la pire espèce. On les a pas vus depuis l&#8217;automne dernier ces trois-là, mais la dernière fois, tout le monde s&#8217;en rappelle. Ils [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=leclim.wordpress.com&amp;blog=811430&amp;post=22&amp;subd=leclim&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Mylène, c&#8217;est ma sœur. Quatre ans de plus que moi, ça lui donne douze ans. Trois ans de moins que Daniel Bergeron, le quatrième voisin, grand ami des frères Dionne, deux épais de la pire espèce.</span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">On les a pas vus depuis l&#8217;automne dernier ces trois-là, mais la dernière fois, tout le monde s&#8217;en rappelle. Ils avaient l&#8217;air de rien. D&#8217;habitude on se méfie un peu d&#8217;eux mais là, ils marchaient tranquillement, des vrais innocents.</span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Rendus à deux pieds de la galerie, c&#8217;est Michel Dionne qui l&#8217;a dit en regardant Mylène droit dans les yeux : « ça fais-tu mal quand ça pousse? ». J&#8217;ai laissé tombé la corde, Brigitte s&#8217;est barrée les pieds dedans, paraît que la marque du trottoir est encore sur son genou.</span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Je la connais ma sœur, elle est capable de mordre comme le chien du dépanneur, elle crie plus fort que la Galarneau quand son mari rentre de la brasserie. Pire, si elle te graffigne, tu meurs.</span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Non, rien, au lieu de tout cela, une sourde-muette. On aurait dit qu&#8217;elle avait pas entendu.</span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Après, il a neigé.</span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">C&#8217;est pas mêlant, j&#8217;en suis pas encore revenue, ni Brigitte, ni Colette l&#8217;amie de Mylène, qui était là. Ni Monique, la voisine, ni même Jean-Pierre, le plus vieux chez nous qui s&#8217;intéresse pas à ces histoires-là d&#8217;habitude. On s&#8217;est dit tout l&#8217;hiver qu&#8217;y perdaient rien pour attendre, que Mylène , ma sœur, elle leur ferait payer ça au printemps.</span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Le printemps, justement, c&#8217;est aujourd&#8217;hui, le 18 mai. Toute la rue Drolet l&#8217;attend depuis trois grosses semaines de vent et d&#8217;averses, toute la rue Drolet l&#8217;a remarqué comme de raison.</span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">La preuve : madame Rodriguez s&#8217;est mise à laver ses vitres, à pleine épouvante, comme si le soleil était pas pour rester. Pis ensuite, la grande Gervais s&#8217;est montré la fraise. En tous cas, c&#8217;est sûrement pas avec une permanente pareille que ses amours vont s&#8217;arranger. Y a même le petit Jérôme qui en a profité pour marcher, ça faisait 6 mois qu&#8217;il était dû. Faut dire qu&#8217;ils en ont mis un autre dans sa poussette, ça lui laissait pas le choix. Toni a pas manqué l&#8217;occasion pour montrer sa nouvelle fiancée. Y change souvent mais y as de danger qu&#8217;on se trompe, il choisit toujours le même modèle : une blonde les cheveux longs bouclés, les yeux bleus pis les jeans ben serrés. Belle journée pour laver son char hein Gaston ? Fais attention, tu vas l&#8217;user, grand cornichon!</span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Il manquait juste madame Gagnon qui avait pas fait sa première sortie de l&#8217;année. La pauvre, plus de mari, avec ses deux grosses jambes d&#8217;éléphant, elle a pas l&#8217;air partie pour se rendre loin.</span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Elle, on la laisse passer mais les autres , qu&#8217;ils s&#8217;arrangent. Quand même, on est pas pour défaire nos élastiques à chaque fois, on jouerait jamais. Qu&#8217;ils fassent le tour, ça fait pas mourir personne.</span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Mauvaise nouvelle ! Les Dionne ont déménagé. C&#8217;est Daniel Bergeron qui va y goûter. Mylène c&#8217;est ma sœur, elle se laissera pas marcher sur les pieds.</span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Envoye! Daniel Bergeron. Viens-t-en, si t&#8217;es un homme, ça fait une heure que tout le monde t&#8217;attend! T&#8217;as laissé tes boutons à la maison, t&#8217;avais la face comme un champ de fraises! Crime! T&#8217;aurais-tu du poil au menton? Regarde pas ma sœur de même, on dirait que tu vas l&#8217;avaler.</span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Voyons Mylène! Vas-y pas. Fais pas une folle de toi, t&#8217;aimes même pas ça la slush, tu dis tout le temps que ça t&#8217;écœure!</span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Vas-tu nous en rapporter au moins ?</span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Tiens! Tiens! Monsieur Lavoie s&#8217;installe à son balcon. L&#8217;été est bel et bien commencé.</span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Danielle Massé</span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p></span></p>
<br /><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/categories/leclim.wordpress.com/22/" /> <img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/tags/leclim.wordpress.com/22/" /> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/leclim.wordpress.com/22/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/leclim.wordpress.com/22/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/leclim.wordpress.com/22/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/leclim.wordpress.com/22/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/leclim.wordpress.com/22/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/leclim.wordpress.com/22/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/leclim.wordpress.com/22/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/leclim.wordpress.com/22/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/leclim.wordpress.com/22/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/leclim.wordpress.com/22/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/leclim.wordpress.com/22/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/leclim.wordpress.com/22/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/leclim.wordpress.com/22/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/leclim.wordpress.com/22/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=leclim.wordpress.com&amp;blog=811430&amp;post=22&amp;subd=leclim&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>La Belle et la bête</title>
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		<pubDate>Mon, 26 Feb 2007 22:49:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>leclim</dc:creator>
				<category><![CDATA[Les histoires de Danièle]]></category>

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		<description><![CDATA[Je lui ai dit d&#8217;arrêter de m&#8217;embrasser. Elle est partie à rire. Je pense qu&#8217;a va le faire encore. J&#8217;ai dit : « Ici les gens font pas des choses comme ça. »  Avec le monde de la ville, il faut bien se faire comprendre. Plus encore si t&#8217;as 65 ans, que t&#8217;es célibataire pis que [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=leclim.wordpress.com&amp;blog=811430&amp;post=21&amp;subd=leclim&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Je lui ai dit d&#8217;arrêter de m&#8217;embrasser. Elle est partie à rire. Je pense qu&#8217;a va le faire encore.</span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">J&#8217;ai dit : « Ici les gens font pas des choses comme ça. »</span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Avec le monde de la ville, il faut bien se faire comprendre. Plus encore si t&#8217;as 65 ans, que t&#8217;es célibataire pis que l&#8217;autre a 21 ans avec du rouge à lèvre jusqu&#8217;aux oreilles.</span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Non mais ! Ça vous embrasse à tout bout de champ, pour un allo, un merci, un salut, n&#8217;importe quoi ! Sans penser à mal, comme on dit, mais mes voisins, eux autres, ils le savent pas et moi, j&#8217;aime pas ça ces manières-là.</span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></span></p>
<p></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">En fait, j&#8217;aurais pas dû répondre au téléphone la fois où elle a appelé parce qu&#8217;elle s&#8217;ennuyait de son cher vieux mon oncle qu&#8217;elle avait pas vu depuis des siècles. Non, j&#8217;aurais pas dû, je réponds pas d&#8217;habitude après 6 h, mais j&#8217;attendais un appel important. Depuis trois mois, le représentant du câble essaye de m&#8217;abonner. Je suis pas mal important pour lui parce que je serais son 300e client dans le village et c&#8217;est exactement ce qu&#8217;il lui faut pour partir en affaires à Saint-Marcellin. J&#8217;ai réfléchi sérieusement à la question et je me suis décidé à dire non même s&#8217;il est prêt à me le donner son abonnement. C&#8217;est pas une question d&#8217;argent. Je regrette mais moi la TV, je la regarde une heure après le dîner pis une heure après le souper. Avec le câble, je va passer mon temps à changer de poste ou ben je va rester collé sur la TV toute la journée. Non! pas question, y a personne qui va changer ma vie encore moins les Américains. Y devait téléphoner ce jour-là, y a pas encore appelé le taurieu, pis je suis toujours en train de me demander si j&#8217;ai pris la bonne décision. Non, cette fois-là, c&#8217;était ma nièce à l&#8217;autre bout du fil pis on peut pas dire qu&#8217;elle, a m&#8217;a laissé le choix.</span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Elle était pas arrivée depuis deux minutes que j&#8217;avais déjà eu mon premier bec. Je suis resté très calme, je lui ai juste dit : ¨« Ton linge as-tu foulé au lavage ? » Elle est partie à rire. C&#8217;est quoi l&#8217;idée de se montrer avec des culottes à marée haute. Si a se mêle de virailler dans les parages avec un accoutrement pareil, elle sera pas la seule à rire. Je l&#8217;ai prévenue, mais on dirait que ça la dérange pas trop, elle doit être habituée, je suppose.</span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Je l&#8217;ai tout de suite fait rentrer dans la maison pour pas que les voisins se fassent des idées au cas où l&#8217;envie lui reprendrait de m&#8217;embrasser une autre fois. On sait jamais. C&#8217;est là que Flytox y a goûté. Dieu sait que j&#8217;aime mon chien. Ça fait 16 ans qu&#8217;on vit ensemble, on se comprend lui et moi. On a chacun nos habitudes, je respecte les siennes, y respecte les miennes. Mais quand même, il bave pas mal, son oreille gauche est déchirée, il pèse vingt cinq livres de trop, pis, disons-le, il pue un petit peu. Je l&#8217;aime, mais j&#8217;endurerais pas, comme elle, que le « merveilleux toutou » se fasse aller la langue dégouttante sur ma face comme une moppe sur le plancher.</span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Bon ça va faire, que je me suis dit après 5 minutes. Il faut l&#8217;arrêter. J&#8217;ai dit : « Je viens juste de manger alors si t&#8217;as faim tu peux aller à la roulotte en haut de la côte. Ils font des hot dog, des patates, des hamburgers. Ils vont te servir tout ce que tu veux. » Au moins, ça allait permettre à Fly Tox de retrouver ses esprits et ses rhumatismes. Y avait personne dans la rue, mais j&#8217;ai quand même lancé, pour mon plaisir : « Mets-toi pas à embrasser tout le monde que tu rencontres sur ton chemin ». Elle est partie à rire.</span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></span></p>
<p></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Quand elle est revenue, il a fallu que je la reconduise à la rivière qui mène au vieux moulin, à cinq milles au moins de chez les Cadieux, la dernière maison du village. Il a même fallu que je l&#8217;aide à monter sa tente. J&#8217;ai ben essayé de la décourager. J&#8217;ai pas manqué de raconter le hold up de la semaine dernière à la caisse populaire. Les voleurs courent encore, que je lui ai dit. Y a des ours aussi. Pas plus tard qu&#8217;avant hier, les Gagnon en ont vu deux qui rôdaient autour des bâtiments. Y avaient pas l&#8217;air faciles, faciles, d&#8217;après leurs dires. À part de ça, y a pas pire place pour les maringouins dans le comté, c&#8217;est en plein la saison. Le virus-là, c&#8217;est pas parce qu&#8217;il vient des pays exotiques qu&#8217;il viendra pas faire son tour à Saint-Marcellin. Faut pas croire. Il pourrait ben être arrivé pis personne le sait encore. Je me demande même si j&#8217;ai pas vu un oiseau mort, en prenant ma marche, à matin, dans le cimetière. « Bon, j&#8217;imagine que t&#8217;es assez vieille pour savoir ce que t&#8217;as à faire. » que je lui ai dit quand il me restait plus rien qu&#8217;à partir. C&#8217;est là qu&#8217;elle en a profité pour m&#8217;embrasser une deuxième fois. La dernière, j&#8217;espère parce que là, j&#8217;y ai dit qu&#8217;assez c&#8217;était assez.</span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">En tout cas, mes histoires ont pas eu l&#8217;air de tellement l&#8217;impressionner. Moi par exemple, ça m&#8217;a marqué pas pour rire. Ça fait qu&#8217;on se retrouve, à 4 heures du matin, Fly Tox pis moi, ben réveillés, stationnés le long de la route du moulin, avec un œil sur la tente au cas où les maringouins, les ours pis les voleurs se pointeraient dans le coin.</span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Ho boy! La semaine va être longue. </span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;">Danielle Massé</span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"></span><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></span></p>
<br /><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/categories/leclim.wordpress.com/21/" /> <img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/tags/leclim.wordpress.com/21/" /> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/leclim.wordpress.com/21/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/leclim.wordpress.com/21/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/leclim.wordpress.com/21/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/leclim.wordpress.com/21/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/leclim.wordpress.com/21/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/leclim.wordpress.com/21/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/leclim.wordpress.com/21/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/leclim.wordpress.com/21/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/leclim.wordpress.com/21/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/leclim.wordpress.com/21/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/leclim.wordpress.com/21/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/leclim.wordpress.com/21/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/leclim.wordpress.com/21/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/leclim.wordpress.com/21/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=leclim.wordpress.com&amp;blog=811430&amp;post=21&amp;subd=leclim&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>Au lit avec une inconnue</title>
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		<pubDate>Sat, 24 Feb 2007 03:32:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>leclim</dc:creator>
				<category><![CDATA[Les histoires de Jérôme]]></category>

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		<description><![CDATA[J’aurai eu une vie heureuse. Oh, bien sur, c’est toujours ce  qu’il vaut mieux se dire quand il est trop tard pour refaire le film. Toujours est-il que dans mon cas, c’est vrai, j’aurai eu une belle vie. J’ai le sourire aux lèvres en faisant ce constat, allongé dans mon vieux lit en chêne qui [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=leclim.wordpress.com&amp;blog=811430&amp;post=20&amp;subd=leclim&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="margin:0;" class="MsoNormal"><span></span></p>
<p style="margin:0;" class="MsoNormal"><span><font size="2"><font face="Arial">J’aurai eu une vie heureuse. Oh, bien sur, c’est toujours ce <span> </span>qu’il vaut mieux se dire quand il est trop tard pour refaire le film. Toujours est-il que dans mon cas, c’est vrai, j’aurai eu une belle vie.</font></font></span></p>
<p style="margin:0;" class="MsoNormal"><span></span></p>
<p><span></span><span><font size="2"><font face="Arial">J’ai le sourire aux lèvres en faisant ce constat, allongé dans mon vieux lit en chêne qui craque au moindre de mes mouvements. Des voix étouffées me parviennent de derrière la porte. Les pauvres. Ils sont l’air si inquiets. </font></font></span></p>
<p style="margin:0;" class="MsoNormal"><span></span></p>
<p><span><font size="2"><font face="Arial">Mais leur inquiétude ne rencontre que mon calme. Et cette sérénité n’est pas à mettre sur le compte de la morphine qui coule dans mes veines depuis deux jours, depuis que je me suis cassé la colonne dans l’escalier. </font></font></span></p>
<p style="margin:0;" class="MsoNormal"><span></span></p>
<p><span><font size="2"><font face="Arial">Cette tranquillité est un cadeau de l’Ombre à côté de moi. Je l’aurais pensée debout, inquiétante, impénétrable, bordée de la tête aux pieds d’une large cape noire. Mais pas du tout. Elle est tout près, allongée si proche que je sentirais son souffle si elle en avait un. Son regard nocturne me couve avec bienveillance et respect, comme pour me dire « prenez votre temps, Monsieur, je sais que vous voulez me suivre cette fois ».</font></font></span></p>
<p style="margin:0;" class="MsoNormal"><font size="2"><font face="Arial"><span></span></font></font></p>
<p><font size="2"><font face="Arial"><span>Je repense à mon infarctus d’il y a deux ans. « Vous êtes passé </span><span>à</span><span> ça du ravin, monsieur Castignac ! » m’avaient dit les médecins, avec cet air goguenard qui n’appartient qu’à eux. À l’époque, je m’étais senti fier. Aujourd’hui, j’en ai presque honte. </span></font></font></p>
<p style="margin:0;" class="MsoNormal"><span></span></p>
<p><span><font size="2"><font face="Arial">- Je m’excuse, dis-je en baissant la tête.<br />
</font></font></span><span><font size="2"><font face="Arial">- Il n’y a pas de mal, me réponds l’Ombre en souriant.</font></font></span></p>
<p style="margin:0;" class="MsoNormal"><span></span></p>
<p><span><font size="2"><font face="Arial">D’un geste quasi imperceptible, ma nouvelle maîtresse me plonge dans une douce torpeur. Seul mon regard reste totalement en éveil. Au premier abord, je ne peux que vaguement définir ses contours. Puis, au fur et à mesure que je me laisse envahir par son étrange présence, un visage apparaît. </font></font></span></p>
<p><span><font size="2"><font face="Arial">Ce visage que l’Ombre porte comme un masque, c’est le mien. Moi enfant, puis adolescent, jeune adulte, homme mur, et maintenant, vieillard de 95 ans qui va casser sa pipe. Le miroir est en mouvement temporel constant.</font></font></span></p>
<p style="margin:0;" class="MsoNormal"><span></span></p>
<p><span><font size="2"><font face="Arial">À chaque fois qu’il se transforme, une vague d’émotions me submerge. Ce n’est donc pas une légende, on revoit bien sa vie avant de mourir. On la ressent plus exactement. Ce n’est pas comme un film, plutôt comme des bourrasques d&#8217;émois. Ma voix est posée.</font></font></span></p>
<p style="margin:0;" class="MsoNormal"><span></span></p>
<p><span><font size="2"><font face="Arial">- Que va-t-il m’arriver ?<br />
</font></font></span><span><font size="2"><font face="Arial">- Tout le monde me pose cette question.<br />
</font></font></span><span><font size="2"><font face="Arial">- Elle est bien légitime, non ?<br />
</font></font></span><span><font size="2"><font face="Arial">- Je suppose, oui. Je ne sais pas ce qu’il va vous arriver. Je suis un passeur d’âmes. Ce que je peux vous dire, c’est que votre âme sent bon. Vous n’avez rien à craindre.<br />
</font></font></span><span><font size="2"><font face="Arial">- Merci. Je n’étais pas franchement inquiet, je n’ai jamais fait le mal dans ma vie, mais vous me rassurez tout de même. Je peux vous poser une question ?<br />
</font></font></span><span><font size="2"><font face="Arial">- Vous venez de le faire.<br />
</font></font></span><span><font size="2"><font face="Arial">- Je peux vous poser une autre question ?<br />
</font></font></span><font size="2"><font face="Arial"><span>- Vous revenez de</span><span> le faire. </span></font></font></p>
<p><font size="2"><font face="Arial"><span></span></font></font><font size="2"><font face="Arial"><span>Je souris. « </span><span>Comment faites-vous pour faire passer autant de gens à la fois ? À cet instant, nous sommes forcément plusieurs à expirer. Or, je le sens bien, vous êtes LA Mort, pas un ange à son service et je ne vois pas pourquoi j’aurais droit à un tel honneur ».<br />
</span></font></font><span><font size="2"><font face="Arial">- Brillante observation, mon cher. Celle là, je ne l’entends pas souvent.<br />
</font></font></span></p>
<p><span><font size="2"><font face="Arial">Un silence, et puis « Eh bien voilà. Chaque être porte en lui une part de vie et une part de mort. Ce que vous appelez Eros et Thanatos. Je ne suis que le reflet de ce dernier, une manifestation de votre propre instinct de disparition qui est tranquillement en train de prendre le dessus sur celui de la vie. C’est vous qui mourez. Ce n’est pas moi qui vous fais mourir ».<br />
</font></font></span><span><font size="2"><font face="Arial">- Ah bon. Je suis content de mourir, vous savez.<br />
</font></font></span><span><font size="2"><font face="Arial">- Je sais, vous le pensez très fort depuis tout à l’heure. Ça fait longtemps que vous attendez ce moment.<br />
</font></font></span><span><font size="2"><font face="Arial">- Rien ne vous échappe, n’est-ce pas ? Écoutez, vous savez que j’ai quelque chose de très important à vous dire. Ça me hante depuis trop longtemps pour que je parte avec.<br />
</font></font></span><span><font size="2"><font face="Arial">- Nous y voilà… Je vous écoute.</font></font></span></p>
<p><span></span><span><font size="2"><font face="Arial"><br />
</font></font></span><span><font size="2"><font face="Arial">- Ça a commencé en novembre 2006, il y a 58 ans maintenant. À moins que cela ne se soit passé hier, chaque détail est si précis dans ma mémoire. Mon monde s’est écroulé sans bruit. Je me suis fait virer de mon travail et un mois plus tard, la femme que j’aimais m’a quitté. Tout s’est passé en douceur, sans cris ni heurts. Bizarrement, je ne me suis pas senti dévasté, plutôt soulagé. Je sentais intimement que cela devait arriver, que le destin m’avait donné le coup de pied aux fesses dont j’avais besoin. J’étais à la croisée des chemins, une nouvelle période s’amorçait et j’étais bien décidé à l’affronter avec sagesse et courage.</font></font></span></p>
<p style="margin:0;" class="MsoNormal"><span></span></p>
<p><span><font size="2"><font face="Arial">C’est alors qu’elle est entrée dans ma vie. J’ai tout de suite senti qu’elle était dangereuse. Elle était l’amie d’une amie, suprêmement jolie et particulièrement intelligente. Je n’exagère pas, je vous assure. Elle possédait un pouvoir hypnotisant sur les hommes. Elle les regardait avec l’intensité d’un amour passionnel presque indécent. Plus jeune, je serais tombé instantanément amoureux d’elle, comme semblait l’être chaque pauvre type qui plongeait son regard dans le sien. Mais avec l’âge, j’étais devenu plus conscient des schémas amoureux et son jeu m’apparaissait trop clair pour que je me mette à y jouer. Mais la tentation ne demeurait pas moins présente. Alors, par précaution, à chaque fois que l’on se rencontrait, je lui faisais ce que j’appelais « la grève ».</font></font></span></p>
<p style="margin:0;" class="MsoNormal"><span></span></p>
<p><span><font size="2"><font face="Arial">Elle faisait partie d’un groupe d’amis communs et je la croisais souvent dans nos soirées. Je la boudais consciemment, mais l’air de rien. Au milieu du groupe, ça passait inaperçu. J’étais un pro de cette technique puérile et parfaitement inefficace qui consiste à ignorer l’autre avec désinvolture, dans l’espoir fou que cette rebuffade l’attire. Ce qu’on est con quand on est amoureux… </font></font></span><span><font size="2" face="Arial"> </font></span><span><span></span><span><font size="2"><font face="Arial">Mais comprenez moi : J’avais peur de son emprise, peur de tomber malgré tout dans sa douce toile. Et c’est bien entendu ce qui est arrivé. Un soir, son regard a finalement percé ma carapace et l’obsession m’a envahi.</font></font></span></span></p>
<p style="margin:0;" class="MsoNormal"><span></span></p>
<p><span><font size="2"><font face="Arial">Je ne pensais plus qu’à elle. Je ne mangeais plus, ne dormais plus. Je ne vivais plus. J’étais un vers de terre amoureux d’une étoile. Vingt années de thérapie et de quête personnelle venaient de s’évaporer. J’avais laissé mon nouveau travail pour pouvoir l’espionner, la suivre dans la rue, dans les bars, partout. J’en étais fou. Fou, vous dis-je. </font></font></span><span><font size="2"><font face="Arial">Mon sang était devenu un acide brûlant, mon thorax restait contracté même pendant mon sommeil. La souffrance était indicible. </font></font></span><span><font size="2" face="Arial"> </font></span><span><span></span><span><font size="2"><font face="Arial">J’étais démoli, désemparé. Une vraie loque. </font></font></span></span></p>
<p><span><span><font size="2"><font face="Arial">Lorsque je n’ai plus eu aucun espoir de m’en sortir, je vous ai appelé. Je vous ai appelé de toute mon âme. J’ai hurlé votre nom chaque nuit, prié pour que vous veniez me chercher pour mettre un terme à mon cauchemar. Vous êtes venu pour ceux que j’aimais, mais pas pour moi. Le supplice a duré des années jusqu’à ce qu’elle se marie et que je la perde de vue.</font></font></span></span></p>
<p style="margin:0;" class="MsoNormal"><span></span></p>
<p><span><font size="2"><font face="Arial">Vous n’avez pas idée à quel point je vous en veux. Vous m’avez abandonné et j’ai souffert pour rien pendant ce qui m’a semblé une éternité. Je suis passé à côté de ma vie à cause d’une femme pour qui je n’ai jamais rien été. </font></font></span></p>
<p style="margin:0;" class="MsoNormal"><span></span></p>
<p><span><font size="2"><font face="Arial">Alors ce soir, je vous fais un ultime serment. Je vous jure sur le dernier souffle qu’il me reste que je ne vous suivrai pas tant que vous ne m’aurez pas accordé réparation. Suis-je clair ?</font></font></span><span><font size="2" face="Arial"> </font></span></p>
<p><span></span><span><span></span><span><font size="2"><font face="Arial">L’Ombre me scrute, remarque mes mâchoires crispées, puis s’immobilise un instant, comme pour évaluer la gravité de ma requête. « Mais pour qui vous prenez-vous ? Réalisez-vous seulement à qui vous vous adressez ? Vous n’avez aucun pouvoir sur moi. Je ne vous dois rien ».</font></font></span></span></p>
<p style="margin:0;" class="MsoNormal"><span></span></p>
<p><span><font size="2"><font face="Arial">- Vous me devez tout au contraire. Vous me l’avez avoué vous-même. SI je maîtrise la part de mort en moi, si je la domine suffisamment – et vous savez que j’ai assez de volonté pour ça &#8211; vous repartez les mains vides. Et je sais que vous ne le ferez pas.</font></font></span><span><font size="2" face="Arial"> </font></span></p>
<p><span></span><span><span></span><span><font size="2"><font face="Arial">L’Ombre me fixe sans bouger. Elle, qui terrorise chaque vivant d’un simple souffle, ne peut rien sur moi. J’ai tellement perdu que je n’ai plus rien à perdre. Mon regard soutient le sien et devient plus noir que l’enfer. De longues secondes s’écoulent, puis l’Ombre parle enfin. « Que voulez-vous ? » me dit-elle.<br />
</font></font></span></span><span><span><font size="2"><font face="Arial"><br />
</font></font></span><span></span><font size="2"><font face="Arial"><span>Jérôme Schlossman<br />
F</span><span><span>évrier 2007</span></span></font></font><span></span></span></p>
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